Vraiment, le débat n’aura jamais de fin et c’est une question qui frise l’idéologie religieuse. N’essayez pas de convaincre un végétarien que la viande peut être bénéfique. N’essayez pas non plus de convaincre quelqu’un qui en mange que la viande peut être problématique. Les végétariens sont certains que leur diète est la meilleure et les carnivores n’abandonneront jamais leur morceaux de chaire. Personnellement, puisque je recherche le mode alimentaire le plus sains possible, il est évident que je me suis posé la question et que j’ai fouillé la littérature scientifique pour trouver des études qui comparaient les deux modes alimentaires sur des résultats comme la mortalité, l’incidence de maladie cardiovasculaire, le contrôle du poids, etc.
À ma grande surprise, il existe bien peu d’études ayant comparé directement les deux groupes. Si des lecteurs en découvrent de nouvelles, il me fera un grand plaisir d’en faire la lecture. Pour l’instant, regardons le résultat de mes recherches.
En 1999 était publié les résultats d’une analyse de cinq études prospectives comparant la mortalité entre végétarien et omnivore (1). Le tout totalisait 76 172 participants. Les végétariens étaient ainsi considérés s’ils ne mangeaient pas de viande n’y de poisson. L’analyse était ajustée pour l’âge, le sexe et pour la consommation de cigarette. La moyenne du suivi des cinq études était de 10.6 années. Résultat? Les végétariens avaient 26% moins de risque de décéder d’une ischémie cardiaque que les non-végétariens. En comparaison avec ceux qui mangaient de la viande, ceux qui en mangent à l’occasion avaient une diminution de 20% des risques de maladie cardiovasculaire mais 35% chez ceux qui consomment du poisson. Les lacto-ovo-végétariens voyaient leur risque diminuer de 34%. Toutefois, il n’y avait aucune différence significative de mortalité pour les maladies vasculaires-cérébrales, le cancer de l’estomac, colorectal, des poumons, des seins, de la prostate, ou de toutes les autres causes de mortalité combinées.
Plus récemment, en 2009 était publié les résultats d’une grande étude prospective comparant le taux de mortalité chez des végétariens et non-végétariens britanniques (2). 47 254 participants étaient inclus dans cette étude qui était ajustée pour l’âge, le sexe, l’alcool et la consommation de cigarette. Résultat? Il n’y avait aucune différence de mortalité entre les végétariens et les non-végétariens pour les maladies circulatoires (comme les maladies cardiaques) ainsi que pour toutes les causes de mortalité confondues.
En ce qui à trait au contrôle du poids, une étude publié en 2000 (3), vérifiant chez des femmes postménauposée végétarienne ou non végétarienne l’effet des différentes diètes sur le contrôle du poids concluait que la perte de poids ou les efforts pour perdre du poids ne différaient pas en fonction de la nature de la diète.
Ce sont les seules études comparant directement les deux groupes d’individus que j’ai pu trouver.
Mais soyez bien attentif à la conclusion de cette étude-ci.
Lors d’une étude (4) réalisée chez de végétariens allemand s’intéressant aux déterminants de la mortalité en relation avec les habitudes de vie et alimentaires, les auteurs remarquaient que les végétariens qui pratiquaient ce mode alimentaire de façon modérée avait un taux de survie plus important que les végétariens très strictes et que cela pouvait supposer qu’un soucis de bien s’alimenter et qu’une planification alimentaire judicieuse pouvait être plus importante que de s’abstenir de consommer de la viande. (Ces résultats pourraient aussi être expliqués par les multiples déficiences qu'engendre un régime végétarien sévère, voir ce billet.)
En regardant ce genre d’étude, il est important de garder en tête les facteurs suivants :
De façon générale, les végétariens ont une conscience de leur santé plus importante que les individus qui mangent de la viande; c’est d’ailleurs, avec l’éthique, l’une des principales raisons qui poussent les gens à devenir végétariens. Ils sont généralement plus actif (5), prennent plus de repos, gère mieux leur stress et mangent moins d’aliments transformés. Ce n’est pas toujours vrai, mais généralement, c’est un fait. C’est une source de biais importante dans les résultats.
Toutefois, la plupart des végétariens sont déficients en plusieurs nutriments non-essentiel, mais qui peuvent avoir un impact à long-terme sur le risque de développer une maladie chronique (voir ce billet). Quel genre de résultat donnerait un régime végétarien corrigé pour toutes les déficiences? On ne le saura jamais vraiment.
D’une autre part, la viande peut être bénéfique (voir ce billet). Il est clair que notre alimentation devrait être basée sur des aliments végétaux. Mais que vaut une diète saine, abondante en produits végétales, incluant des produits animaliers de hautes qualités? Nous ne le saurons jamais non plus.
Pour l’instant, je ne crois pas que la science démontre hors de tout doute qu’un régime végétarien est vraiment meilleur pour la santé (il y a probablement des facteurs plus important, comme le contrôle du poids corporel, le contrôle des portions, la qualité des aliments, etc). Je crois que la question à laquelle nous devons vraiment répondre pour l’instant est : est-ce que la viande est vraiment nocive? Voyez, encore une fois, ce billet, pour connaître mon opinion sur ce sujet.
jeudi 8 avril 2010
5 étapes pour une supplémentation alimentaire intelligente
Étape 1.
Déterminez vos déficiences, vos excès et vos déséquilibres micronutritionels.
Peu importe quel type de diète vous suivez présentement et je dis bien peu importe, il y a déjà des nutriments que vous obtenez de façon suffisante. Une fois votre diète bien définie, utilisez un programme comme le cron-o-meter, pesez tous vos repas pendant une semaine et calculez les valeurs nutritives de vos repas à l’aide du logiciel. Vous allez ainsi pouvoir connaître les déficiences nutritionnelles de votre diète, mais également les nutriments que vous obtenez en trop grande quantité. Les Apports Nutritionnels Conseillés (ANC) (vitamines, minéraux), sont, exception faite de la vitamine D, un excellent point de départ pour évaluer vos apports.
Étape 2
Optimisez votre diète
Une fois que vous avez les résultats des déficiences, des excès et des déséquilibres micronutritionels de votre diète, faites des modifications alimentaires qui corrigeront ces défauts. Pour ce faire, vous pouvez chercher, sur un site comme www.nutritiondata.com, par nutriments pour trouver quels aliments en sont de bonnes sources. Si vous obtenez un nutriment en trop grande quantité, évitez de consommer les aliments qui en sont riches. Inversement, pour un niveau suboptimal, intégrez des aliments qui sont une bonne source de ce nutriment dans votre diète. Une fois l'optimisation complétée, répétez l'étape 1.
Étape 3
Utilisez la supplémentation
S’il reste des faiblesses que vous n’êtes pas en mesure de corriger par l’alimentation, l’étape suivante est d’utiliser une supplémentation ciblée pour combler vos déficiences qui sont propres à votre diète, votre génétique et votre style de vie. Personne ne devrait avoir besoin de prendre une dose complète d’une multi-vitamine. C’est une surdose assurée de certains micronutriments. N’oubliez pas qu’une dose complète d’une multi-vitamine apporte bien souvent un apport plus important que l’ANC – sans considération pour ce que vous mangez! Pour la plupart des gens, une fraction d’une multi-vitamine avec certains nutriments ciblés sera suffisant. Personne ne devrait non plus prendre un supplément parce que son ami le prend, ou parce qu'un vendeur lui a dit qu'il en avait probablement de besoin. Nous sommes tous uniques et notre supplémentation doit répondre à nos conditions particulières. Évaluez, optimisez et supplémentez.
Étape 4
Vos conditions particulières
Après avoir couvert les ANC, il y a des caractéristiques qui vous sont propres, comme certains facteurs de risque, votre niveau d’activité physique, des pathologies, etc., à considérer. En accord avec votre médecin, vous pouvez songer à prendre une dose importante d’un supplément ciblé, bien appuyé par la littérature scientifique, pour améliorer une condition pathologique. Vous devez vous assurez que vous avez vraiment besoin de ce supplément et qu’il y a des évidences scientifiques de haute qualité, indépendantes et répétées de sa sécurité et de son efficacité.
Étape 5
Évaluer et optimiser
Il existe bien peu de façon efficace de tester pour une déficience. Dans certains cas, vous pouvez obtenir des informations de tests sanguins, mais habituellement ce n’est pas en testant pour le nutriment lui-même, mais plutôt sur des paramètres biochimiques découlant de son métabolisme. Par exemple, tester pour votre niveau d’homocystéine, qui, s’il est élevé, peut démontrer une déficience en vitamine B12, B6 et en acide folique. Également, le niveau de 25- hydroxyvitamine D 25(OH)D, qui est la forme active de la vitamine D, est une bon indicateur de sa concentration physiologique. Vous pouvez également évaluer votre niveau de zinc en utilisant une solution de sulfate de zinc que vous buvez et gardez en bouche pour environ 10 secondes. Si le goût est très fort, votre niveau est adéquat, si le goût est faible ou absent, vous êtes déficient.
Autrement, vous pouvez directement tester des états cliniques, comme l’effet de la niacine sur votre taux de cholestérol, comparer avant et après et évaluer si le supplément fonctionne.
Le message à retenir? Avant de vous supplémenter avec n'importe quoi, assurez-vous de savoir ce que votre diète vous apporte, de quels suppléments vous avez réellement besoin et consulter la littérature scientifique sur un supplément en particulier pour vous assurez de son efficacité et de sa sécurité. Mentionnez toujours les suppléments alimentaires que vous utilisez à votre médecin et à votre pharmacien.
Vous pouvez consulter mon billet Suppléments alimentaires – considérations générales pour connaitre mon point de vue sur la supplémentation alimentaire.
Déterminez vos déficiences, vos excès et vos déséquilibres micronutritionels.
Peu importe quel type de diète vous suivez présentement et je dis bien peu importe, il y a déjà des nutriments que vous obtenez de façon suffisante. Une fois votre diète bien définie, utilisez un programme comme le cron-o-meter, pesez tous vos repas pendant une semaine et calculez les valeurs nutritives de vos repas à l’aide du logiciel. Vous allez ainsi pouvoir connaître les déficiences nutritionnelles de votre diète, mais également les nutriments que vous obtenez en trop grande quantité. Les Apports Nutritionnels Conseillés (ANC) (vitamines, minéraux), sont, exception faite de la vitamine D, un excellent point de départ pour évaluer vos apports.
Étape 2
Optimisez votre diète
Une fois que vous avez les résultats des déficiences, des excès et des déséquilibres micronutritionels de votre diète, faites des modifications alimentaires qui corrigeront ces défauts. Pour ce faire, vous pouvez chercher, sur un site comme www.nutritiondata.com, par nutriments pour trouver quels aliments en sont de bonnes sources. Si vous obtenez un nutriment en trop grande quantité, évitez de consommer les aliments qui en sont riches. Inversement, pour un niveau suboptimal, intégrez des aliments qui sont une bonne source de ce nutriment dans votre diète. Une fois l'optimisation complétée, répétez l'étape 1.
Étape 3
Utilisez la supplémentation
S’il reste des faiblesses que vous n’êtes pas en mesure de corriger par l’alimentation, l’étape suivante est d’utiliser une supplémentation ciblée pour combler vos déficiences qui sont propres à votre diète, votre génétique et votre style de vie. Personne ne devrait avoir besoin de prendre une dose complète d’une multi-vitamine. C’est une surdose assurée de certains micronutriments. N’oubliez pas qu’une dose complète d’une multi-vitamine apporte bien souvent un apport plus important que l’ANC – sans considération pour ce que vous mangez! Pour la plupart des gens, une fraction d’une multi-vitamine avec certains nutriments ciblés sera suffisant. Personne ne devrait non plus prendre un supplément parce que son ami le prend, ou parce qu'un vendeur lui a dit qu'il en avait probablement de besoin. Nous sommes tous uniques et notre supplémentation doit répondre à nos conditions particulières. Évaluez, optimisez et supplémentez.
Étape 4
Vos conditions particulières
Après avoir couvert les ANC, il y a des caractéristiques qui vous sont propres, comme certains facteurs de risque, votre niveau d’activité physique, des pathologies, etc., à considérer. En accord avec votre médecin, vous pouvez songer à prendre une dose importante d’un supplément ciblé, bien appuyé par la littérature scientifique, pour améliorer une condition pathologique. Vous devez vous assurez que vous avez vraiment besoin de ce supplément et qu’il y a des évidences scientifiques de haute qualité, indépendantes et répétées de sa sécurité et de son efficacité.
Étape 5
Évaluer et optimiser
Il existe bien peu de façon efficace de tester pour une déficience. Dans certains cas, vous pouvez obtenir des informations de tests sanguins, mais habituellement ce n’est pas en testant pour le nutriment lui-même, mais plutôt sur des paramètres biochimiques découlant de son métabolisme. Par exemple, tester pour votre niveau d’homocystéine, qui, s’il est élevé, peut démontrer une déficience en vitamine B12, B6 et en acide folique. Également, le niveau de 25- hydroxyvitamine D 25(OH)D, qui est la forme active de la vitamine D, est une bon indicateur de sa concentration physiologique. Vous pouvez également évaluer votre niveau de zinc en utilisant une solution de sulfate de zinc que vous buvez et gardez en bouche pour environ 10 secondes. Si le goût est très fort, votre niveau est adéquat, si le goût est faible ou absent, vous êtes déficient.
Autrement, vous pouvez directement tester des états cliniques, comme l’effet de la niacine sur votre taux de cholestérol, comparer avant et après et évaluer si le supplément fonctionne.
Le message à retenir? Avant de vous supplémenter avec n'importe quoi, assurez-vous de savoir ce que votre diète vous apporte, de quels suppléments vous avez réellement besoin et consulter la littérature scientifique sur un supplément en particulier pour vous assurez de son efficacité et de sa sécurité. Mentionnez toujours les suppléments alimentaires que vous utilisez à votre médecin et à votre pharmacien.
Vous pouvez consulter mon billet Suppléments alimentaires – considérations générales pour connaitre mon point de vue sur la supplémentation alimentaire.
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